Version française / Formations scientifiques
- Recherche - ETC,
Séminaire "Anthropologie à Nanterre"
Publié le 2 septembre 2021
–
Mis à jour le 7 janvier 2026
Date(s)
du 20 janvier 2026 au 7 avril 2026
Date : du 20 janvier au 7 avril 2026
Durée : 10h
Format : présentiel
Lieu : LESC, MSH « Mondes », Maison Ginouvès, 3eme étage, salle 308F
Horaires : mardi de 14h à 16h
Nombre de participants maximum : Ouvert à tou·te·s dans la limite des places disponibles en salle
Public visé : Mastérants, doctorants, chercheurs, enseignants-chercheurs
Peut-on suivre uniquement certains modules de cette formation ? : OUI
Organisatrices : Aline Hémond, Pascale Dollfus, Anne-Yvonne Guillou et Océance De Oliveira
CONTEXTE DE LA FORMATION
Le séminaire Anthropologie à Nanterre est un séminaire disciplinaire organisé par le Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative non pris en charge par l’ED. Le séminaire est intégré à la banque de séminaires inclus par l’ED 395 dans le plan de formation de ses doctorant-e-s. Le séminaire consiste à présenter l’anthropologie en train de se faire en invitant des chercheurs/enseignants-chercheurs, postdoctorants et doctorants travaillant dans toutes les régions du monde et sur des objets les plus divers alliant rigueur empirique, ethnographie au long cours et innovation théorique.
Le séminaire a lieu un mardi sur deux de 14h à 16h à la MSH Mondes, bâtiment René-Ginouvès, salle 308F (3e étage). La séance de préparation aux travaux de l’invité au séminaire a lieu le mardi précédent la conférence, pour les mastérant-e-s et doctorant-e-s qui le souhaitent.
OBJECTIFS
OUTILS ET MÉTHODOLOGIE PÉDAGOGIQUE
Inviter un chercheur par séance pour un exposé de 60 à 90 mn, illustré selon les intervenants et le sujet de leur recherche par des présentations powerpoint, des extraits de films, des enregistrements de musique ou d’entretiens. L’exposé est suivi d’une discussion avec le public, auquel tout le monde peut prendre part. Les mastérant-e-s et doctorant-e-s qui souhaitent valider ont préparé quelques questions en lien avec les travaux de l’invité-e.
PROGRAMME
Au Japon, la récession économique frappe les nouvelles générations, leur ôtant les moyens de fonder un foyer. Acculée au célibat ou forcée de souscrire à un modèle matrimonial périmé, de nombreux hommes et femmes tentent de trouver le bonheur autrement. Certains reportent leur affection en direction ce qu’ils appellent « la Deuxième Dimension » (ni-jigen), c’est-à-dire l’espace des écrans, des mangas et des consoles de jeu, peuplé de créatures fictives qu’ils et elles adoptent comme partenaires amoureux. Se tournant vers « l’amour illusoire » comme vers une forme de magie, les auto-proclamés adeptes s’efforcent de faire venir leurs personnages bien-aimés dans le « monde matériel » et se projettent dans les fictions pour faire advenir quelque chose de « réel ». Cette communication portera sur les dispositifs mis en place pour « invoquer » des présences : comment faire pour créer du lien avec un être « qui n’existe pas » ?
Ce volume est consacré à la possession par les esprits dans l'Himalaya et les différentes manières dont les pouvoirs invisibles sont rendus présents, dans des représentations matérielles (artefacts, animaux, plantes et substances naturelles), ainsi que dans des récits de rencontres avec l'invisible, qui peuvent conduire à reconfigurer la réalité. À travers ces deux approches, les contributions ici réunies offrent un ensemble d’écrits par les meilleurs spécialistes des phénomènes associés aux concepts de "possession" et de "chamanisme" dans la région himalayenne et des manières novatrices de les aborder.
Toute une tradition sociologique a insisté sur la vertu libératrice de la grande ville peuplée d’individus, où se retrouverait le triptyque modernité, anonymat et cosmopolitisme. A travers plusieurs études ethnographiques, les intervenants interrogent l’universalité de l’anonymat et ses pratiques dans différentes villes du monde.
Cette intervention explore les prémisses et les promesses épistémologiques de deux approches anthropologiques aux relations entre humains et plantes, qui ont été regroupées sous l’étiquette du « tournant végétal ». Il s’appuie sur deux études de cas ethnographiques que j’ai menées à Madagascar.
La première approche, plus classique, est l'approche symbolique ou – dans sa version plus radicale – ontologique. En décrivant les conceptions animistes du monde végétal, cette approche a permis de remettre en cause l’ethnocentrisme des conceptions occidentales du rapport aux plantes.
L’autre approche, qui suit la voie ouverte par les analyses transdisciplinaires d’Anna Tsing, étudie la capacité des non-humains à raconter des histoires qui vont au-delà de la perspective humaine. Cette dernière approche, ouverte au dialogue avec les sciences de la vie, remet quant à elle en question les fondements anthropocentriques de l’anthropologie.
En comparant ces deux approches appliquées à l’étude des relations entre les humains et les plantes à Madagascar, cette intervention soulève les questions suivantes : quel est le rôle de l’anthropologie, non seulement dans l’étude des relations entre humains et les autres êtres vivants, mais aussi dans la compréhension des modes d’existence des autres êtres vivants ? Quelle contribution l’anthropologie peut-elle apporter aux sciences du comportement et aux études multi-spécifiques ? Quel type d’approche peut développer une anthropologie véritablement plus qu’humaine ?
Pan-e-pedia ou l’ergonomie des steelpans de Trinidad & Tobago.
Quelles sont les topologies imaginées dans les steelbands de Trinidad & Tobago ? Les spécificités de l’accordage des steelpans, idiophones mélodiques fabriqués à partir de la récupération de bidons de pétrole, ont affranchi les tuners (facteurs) de la disposition linéaire des notes de l’échelle musicale du grave à l’aigu. Sculptant un espace en trois dimensions, composés d’un à douze bidons de pétrole emboutis et façonnés, ils font face à une infinité de chemins possibles pour disposer l’échelle musicale, ici tempérée, et donc composée de douze sons dans l’octave. Comment, avec une profondeur historique de plus de huit décennies, s’est construite l’organologie de ces orchestres d’idiophones atypiques, qui intègre tout autant le modèle symphonique européen que l’héritage polyrythmique afro-descendant ?
Le projet Pan-e-Pedia, soutenu par la fondation Fyssen, ambitionne de mettre en œuvre une approche naturaliste (Sperber 1996) des steelbands pour comprendre les choix topologiques qu’on y observe, qui constituent un corpus de “représentations publiques” (ibid: 49) en plusieurs dimensions, de l’échelle musicale. Une collecte systématique, à une étude de leur distribution, permettra d’analyser les choix opérés, et d’en faire une analyse compréhensive (Atran 2003, Morin 2011), mêlant le travail de terrain et l’étude systématique. Le projet a constitué une base de données qui documente plusieurs centaines de topologies des steelpans, avec leur localisation et des outils d’analyse multimédia.
Atran, S. (2003). Théorie cognitive de la culture. L’Homme. Revue française d’anthropologie, (166), 107-144.
Morin, O. (2011). Comment les traditions naissent et meurent : la transmission culturelle (Vol. 1–1). Paris : Odile Jacob.
Sperber, D. (1996). Explaining Culture: A Naturalistic Approach. Oxford: Blackwell Publishers.
Pour en savoir plus :
https://www.lesc-cnrs.fr/fr/seminaires/39-seminaire-anthropologie-a-nanterre
Durée : 10h
Format : présentiel
Lieu : LESC, MSH « Mondes », Maison Ginouvès, 3eme étage, salle 308F
Horaires : mardi de 14h à 16h
Nombre de participants maximum : Ouvert à tou·te·s dans la limite des places disponibles en salle
Public visé : Mastérants, doctorants, chercheurs, enseignants-chercheurs
Peut-on suivre uniquement certains modules de cette formation ? : OUI
Organisatrices : Aline Hémond, Pascale Dollfus, Anne-Yvonne Guillou et Océance De Oliveira
CONTEXTE DE LA FORMATION
Le séminaire Anthropologie à Nanterre est un séminaire disciplinaire organisé par le Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative non pris en charge par l’ED. Le séminaire est intégré à la banque de séminaires inclus par l’ED 395 dans le plan de formation de ses doctorant-e-s. Le séminaire consiste à présenter l’anthropologie en train de se faire en invitant des chercheurs/enseignants-chercheurs, postdoctorants et doctorants travaillant dans toutes les régions du monde et sur des objets les plus divers alliant rigueur empirique, ethnographie au long cours et innovation théorique.
Le séminaire a lieu un mardi sur deux de 14h à 16h à la MSH Mondes, bâtiment René-Ginouvès, salle 308F (3e étage). La séance de préparation aux travaux de l’invité au séminaire a lieu le mardi précédent la conférence, pour les mastérant-e-s et doctorant-e-s qui le souhaitent.
OBJECTIFS
- Donner à voir l’anthropologie en train de se faire
- Former à l’animation scientifique en anthropologie et SHS
- Faire connaître les travaux de l’anthropologue invité-e et son champ de spécialisation et débats
OUTILS ET MÉTHODOLOGIE PÉDAGOGIQUE
Inviter un chercheur par séance pour un exposé de 60 à 90 mn, illustré selon les intervenants et le sujet de leur recherche par des présentations powerpoint, des extraits de films, des enregistrements de musique ou d’entretiens. L’exposé est suivi d’une discussion avec le public, auquel tout le monde peut prendre part. Les mastérant-e-s et doctorant-e-s qui souhaitent valider ont préparé quelques questions en lien avec les travaux de l’invité-e.
PROGRAMME
- Agnès Giard (Université Paris Nanterre, Sophiapol EA3932) – 20 janvier 2026
Au Japon, la récession économique frappe les nouvelles générations, leur ôtant les moyens de fonder un foyer. Acculée au célibat ou forcée de souscrire à un modèle matrimonial périmé, de nombreux hommes et femmes tentent de trouver le bonheur autrement. Certains reportent leur affection en direction ce qu’ils appellent « la Deuxième Dimension » (ni-jigen), c’est-à-dire l’espace des écrans, des mangas et des consoles de jeu, peuplé de créatures fictives qu’ils et elles adoptent comme partenaires amoureux. Se tournant vers « l’amour illusoire » comme vers une forme de magie, les auto-proclamés adeptes s’efforcent de faire venir leurs personnages bien-aimés dans le « monde matériel » et se projettent dans les fictions pour faire advenir quelque chose de « réel ». Cette communication portera sur les dispositifs mis en place pour « invoquer » des présences : comment faire pour créer du lien avec un être « qui n’existe pas » ?
- Anne de Sales (Directrice de recherche CNRS, LESC) – 10 février 2026
Ce volume est consacré à la possession par les esprits dans l'Himalaya et les différentes manières dont les pouvoirs invisibles sont rendus présents, dans des représentations matérielles (artefacts, animaux, plantes et substances naturelles), ainsi que dans des récits de rencontres avec l'invisible, qui peuvent conduire à reconfigurer la réalité. À travers ces deux approches, les contributions ici réunies offrent un ensemble d’écrits par les meilleurs spécialistes des phénomènes associés aux concepts de "possession" et de "chamanisme" dans la région himalayenne et des manières novatrices de les aborder.
- Hélène Bloch (Chargée de recherche CNRS-CéSor) – 24 février 2026
Taoïsme, vitalité et territoire : vers une anthropologie religieuse de la prospérité en Chine du Sud-Ouest
- Sarah Carton de Grammont (Chargée de recherche CNRS, LESC), Virginie Milliot (Maître de conférences Université Paris Nanterre, LESC) & Franck Mermier (Directeur de recherche CNRS, IRIS) – 10 mars 2026
Toute une tradition sociologique a insisté sur la vertu libératrice de la grande ville peuplée d’individus, où se retrouverait le triptyque modernité, anonymat et cosmopolitisme. A travers plusieurs études ethnographiques, les intervenants interrogent l’universalité de l’anonymat et ses pratiques dans différentes villes du monde.
- Maurizio Esposito de la Rossa (Maître de conférences, EHESS) – 24 mars 2026
Cette intervention explore les prémisses et les promesses épistémologiques de deux approches anthropologiques aux relations entre humains et plantes, qui ont été regroupées sous l’étiquette du « tournant végétal ». Il s’appuie sur deux études de cas ethnographiques que j’ai menées à Madagascar.
La première approche, plus classique, est l'approche symbolique ou – dans sa version plus radicale – ontologique. En décrivant les conceptions animistes du monde végétal, cette approche a permis de remettre en cause l’ethnocentrisme des conceptions occidentales du rapport aux plantes.
L’autre approche, qui suit la voie ouverte par les analyses transdisciplinaires d’Anna Tsing, étudie la capacité des non-humains à raconter des histoires qui vont au-delà de la perspective humaine. Cette dernière approche, ouverte au dialogue avec les sciences de la vie, remet quant à elle en question les fondements anthropocentriques de l’anthropologie.
En comparant ces deux approches appliquées à l’étude des relations entre les humains et les plantes à Madagascar, cette intervention soulève les questions suivantes : quel est le rôle de l’anthropologie, non seulement dans l’étude des relations entre humains et les autres êtres vivants, mais aussi dans la compréhension des modes d’existence des autres êtres vivants ? Quelle contribution l’anthropologie peut-elle apporter aux sciences du comportement et aux études multi-spécifiques ? Quel type d’approche peut développer une anthropologie véritablement plus qu’humaine ?
- Aurélie Helmlinger (Chargée de recherche CNRS, CREM-LESC) – 07 avril 2026
Pan-e-pedia ou l’ergonomie des steelpans de Trinidad & Tobago.
Quelles sont les topologies imaginées dans les steelbands de Trinidad & Tobago ? Les spécificités de l’accordage des steelpans, idiophones mélodiques fabriqués à partir de la récupération de bidons de pétrole, ont affranchi les tuners (facteurs) de la disposition linéaire des notes de l’échelle musicale du grave à l’aigu. Sculptant un espace en trois dimensions, composés d’un à douze bidons de pétrole emboutis et façonnés, ils font face à une infinité de chemins possibles pour disposer l’échelle musicale, ici tempérée, et donc composée de douze sons dans l’octave. Comment, avec une profondeur historique de plus de huit décennies, s’est construite l’organologie de ces orchestres d’idiophones atypiques, qui intègre tout autant le modèle symphonique européen que l’héritage polyrythmique afro-descendant ?
Le projet Pan-e-Pedia, soutenu par la fondation Fyssen, ambitionne de mettre en œuvre une approche naturaliste (Sperber 1996) des steelbands pour comprendre les choix topologiques qu’on y observe, qui constituent un corpus de “représentations publiques” (ibid: 49) en plusieurs dimensions, de l’échelle musicale. Une collecte systématique, à une étude de leur distribution, permettra d’analyser les choix opérés, et d’en faire une analyse compréhensive (Atran 2003, Morin 2011), mêlant le travail de terrain et l’étude systématique. Le projet a constitué une base de données qui documente plusieurs centaines de topologies des steelpans, avec leur localisation et des outils d’analyse multimédia.
Atran, S. (2003). Théorie cognitive de la culture. L’Homme. Revue française d’anthropologie, (166), 107-144.
Morin, O. (2011). Comment les traditions naissent et meurent : la transmission culturelle (Vol. 1–1). Paris : Odile Jacob.
Sperber, D. (1996). Explaining Culture: A Naturalistic Approach. Oxford: Blackwell Publishers.
Pour en savoir plus :
https://www.lesc-cnrs.fr/fr/seminaires/39-seminaire-anthropologie-a-nanterre
Mis à jour le 07 janvier 2026
Inscription
Inscription sur ADUM